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Franck Le Hen et Christine Lemler évoquent la pièce « Revenir Un Jour »

OneAgain4 c’est le boys band fictif sorti tout droit de l’imagination de Franck Le Hen, auteur de théâtre et comédien. Dans la comédie « Revenir un Jour », Franck Le Hen raconte l’histoire de ce boys band qui tente son come-back 10 ans après avoir connu le succès. Les OneAgain4 seront-ils encore capables d’assurer le show ?

Pour interpréter ces quatre éphèbes, Franck Le Hen a choisi David Tournay, Édouard Collin, Rodolphe Sand et… lui-même. Ces quatre amis d’enfance sont coachés par leur ancienne chorégraphe, Vanessa, interprétée par Christine Lemler, connue pour ses nombreux rôles à la télévision.

Rencontre avec Franck Le Hen, qui évoque la genèse de sa pièce, et Christine Lemler, qui revient sur sa carrière et son rôle dans « Revenir un Jour », deux comédiens énergiques, passionnés par leur métier et heureux de participer à l’aventure des OneAgain4 dans « Revenir un Jour ».

 

Franck Le Hen et Christine Lemler / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Franck Le Hen et Christine Lemler / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

« Revenir un Jour », une pièce qui nous replonge dans l’époque des Boys Band

Franck, pourquoi avoir choisi d’écrire une pièce dont l’histoire est une tentative de come-back d’un boys band ?

Franck Le Hen : Tout simplement car jusqu’ici ça ne s’était jamais fait. Je voulais raconter une histoire d’amitié à travers ce groupe, les OneAgain4. Le fait d’avoir travaillé avec Frank Delay, qui faisait partie des 2be3 et qui travaille avec moi sur la pièce « Bonjour Ivresse » depuis 5 ans, a forcément du m’inspirer. Du coup, j’ai eu quelques anecdotes pour rendre l’histoire encore plus sincère. Mon but était de raconter ce qui se passe après un phénomène comme celui-là, ce qui n’avait jamais été fait sur scène.

Le titre de la pièce « Revenir un jour » c’est un écho à la chanson « Partir un jour » des 2be3 ?

Franck Le Hen : Ah oui. Là, ce n’est pas partir, mais revenir. C’est plus positif.

L’histoire des OneAgain4 c’est un mélange entre les 2be3, Alliage et G-Squad. Pourquoi vous êtes-vous inspirés de ces trois groupes plutôt que d’autres ?

Franck Le Hen : C’était les groupes français donc je m’en sentais plus proche. J’avais plus d’infos sur eux. Je me suis très fortement inspiré des 2be3 parce qu’ils étaient vraiment amis depuis l’enfance : ils sont allés en classe ensemble, ils ne se sont pas connus sur un casting. Au niveau de la dramaturgie, c’était plus intéressant de parler de retrouvailles de personnes qui s’aimaient vraiment avant le succès plutôt que de gens qui s’étaient connus froidement via un casting.

Affiche de la pièce "Revenir un Jour"

Affiche de la pièce « Revenir un Jour »

Quel est votre rapport au phénomène boys band et plus généralement aux années 90 ? Vous êtes nostalgique de cette période ?

Franck Le Hen : Pas du tout. Je n’étais pas fan de boys band. Je n’achetais pas leurs disques mais, comme tout le monde, je les connaissais puisqu’on ne voyait qu’eux à l’époque. C’est en rencontrant Frank Delay que j’ai vu que certains de ses fans sont restés très accrochés au phénomène. Ils le suivent et du coup me suivent aussi maintenant dans mes pièces. J’accumule dans mon public les fans des 2be3 et ceux de « Bonjour Ivresse ».

Votre personnage dans la pièce, Jordan, fait clairement référence au parcours de Quentin Elias d’Alliage. Au moment de l’écriture de la pièce, il était encore en vie. Avez-vous eu des contacts avec lui ?

Franck Le Hen : Il y a aussi un peu de Gérald des G-Squad dans ce personnage. Mais, oui j’ai eu des contacts avec Quentin. Avant même d’avoir fini d’écrire la pièce, j’ai commencé par contacter des gens tels que Steven Gunnell d’Alliage, Allan Théo, Frank Delay et donc Quentin, à qui j’avais écrit un petit message lui disant que je préparais une pièce. Il m’avait répondu, un peu à l’américaine (rires), quelque-chose du genre « Dès que tu as l’argent, tu m’appelles et je viens ». Il était très business. D’ailleurs, ça m’a fait un choc quand il est décédé car je le défends sur scène tous les soirs quoi qu’il arrive. C’est quelqu’un qui est tombé dans l’excès, pas forcément la drogue, mais l’excès de soi-même, d’être star à tout prix. Il croyait surtout qu’il était devenu star alors que non. Il avait tout à faire. C’est ce qu’on dit dans la pièce d’ailleurs. Le personnage de David (Tournay) dit au personnage d’Édouard (Collin), le leader du groupe : « T’as cru qu’on était arrivé alors qu’on a appris à chanter qu’au deuxième album ». Rires.

Quentin Elias a donc refusé de travailler avec vous…

Franck Le Hen : Non, il n’a pas refusé. C’est ensuite moi qui ai pensé que ce n’était pas forcément une bonne idée de reprendre des anciens membres de boys band car, pour le coup, ça aurait parasité l’histoire originale de ma pièce.

Avant de décéder, Quentin avait eu le temps de lire votre pièce ou de la voir ?

Franck Le Hen : Non. Allan Théo l’avait lu mais pas Quentin. A son décès je me suis même demandé comment j’allais jouer ce personnage alors qu’il venait de mourir, puis je me suis dit que je lui rendais hommage tous les soirs.

Suite à son décès, vous n’avez rien changé dans votre pièce ?

Franck Le Hen : Non, l’histoire est déjà assez dramatique comme ça.

Et Allan Theo, qu’a-t-il pensé de la pièce ?

Franck Le Hen :Il a beaucoup aimé. Après, je ne le connais pas donc je ne sais pas exactement ce qu’il en a pensé. C’était il y a plus d’un an, ça fait loin. Mais c’est un gentil garçon qui, lui aussi, de temps en temps, fait des choix très compliqués, mais on ne peut pas lui en vouloir. Ce métier est compliqué, ça dépend de la personnalité qu’on a, du caractère… Ce qui nous arrive peut parfois être très fort et il faut savoir le gérer.

Franc Le Hen, auteur et comédien dans "Revenir un Jour" / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Franc Le Hen, auteur et comédien dans « Revenir un Jour » / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Dans une vidéo diffusée pendant la pièce, on voit la salle de sport Filip Nikolic. Il était important pour vous de faire des clins d’œil aux anciens membres de boys band décédés ?

Franck Le Hen : Évidemment, cette pièce rend un petit peu hommage à Filip. J’espère. En tous cas, il y a plein de fans qui me disent « Merci » car ils ont retrouvé plein de choses. Effectivement, être coachés par Frank Delay dans le gymnase Filip Nikolic, pour faire des acrobaties, à Longjumeau, là où les 2be3 ont grandi et se sont connus, c’était forcément émouvant. On le voit parce que le spectacle est pimenté par des extraits vidéo de nos répèt’. On voit effectivement le gymnase Filip Nikolic, avec Frank Delay et Sévy Vilette, notre chorégraphe, qui est aussi la mère des enfants de Frank.

La pièce reprend les clichés véhiculés par les boys band mais aussi pas mal d’éléments biographiques tels que la drogue et l’alcool pour le personnage d’Alex, qui rappelle l’histoire de Steven Gunnell d’Alliage. Il y a aussi ceux dont on a appris l’homosexualité comme Gérald de G-Squad, celui qui devient comédien comme Frank Delay, celui qui devient père comme Filip Nikolic… Il fallait absolument intégrer ces éléments biographiques réels pour que votre pièce soit plus réaliste ?

Franck Le Hen : Oui, c’était important. J’ai un peu tout mélangé et j’ai même des retours de personnes qui ont vécu l’époque et qui m’ont demandé comment je savais tout ça alors que je l’ai inventé. Je me suis dit que j’avais touché juste sans faire exprès. Je crois que le fait d’avoir connu certaines personnes de l’époque fait que ce que je raconte est vrai.

Hormis Frank Delay, d’autres anciens membres de boys band sont venus voir la pièce ?

Franck Le Hen : Oui, à la première il y avait Lionel Tim (qui faisait partie des Linkup avec M. Pokora). Apparemment, il a été agréablement surpris. Chris des G-Squad m’a écrit qu’il voulait absolument venir. Frank Delay l’a vue évidement. Nicolas Vitiello (ex Whatfor) aussi. Séverine Ferrer était aussi présente pour la première. Je pense qu’Allan Theo va passer. Les retours sont bons. Mais ce sont les fans des boys band qui sont très contents, et du coup, par transfert, ils revivent la période. Il y en a qui ont des panneaux OneAgain4, ils se lèvent à la fin de la pièce, prennent des photos, crient…Tout le monde joue le jeu. C’est très sympa.

 

Franck Le Hen et Christine Lemler au Palais des Glaces / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Franck Le Hen et Christine Lemler au Palais des Glaces / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Frank Delay est coach des acrobaties sur la pièce. Est-ce qu’il a aussi apporté des anecdotes ou souvenirs personnels à cette pièce ?

Franck Le Hen :Il n’a pas du tout travaillé sur l’écriture de la pièce. Mais je le côtoie depuis tant d’années qu’il a forcément apporté quelque-chose. C’est quelqu’un qui est très droit, très sain, et qui, du coup, a une vision du métier qui n’est peut-être pas la même que ceux qui se sont perdus dans la drogue ou autre. C’est un peu pour ça que je voulais raconter une histoire qui se passe bien. Son histoire est positive, Frank a deux enfants, il bosse toujours. Il a vécu un super phénomène avec ses copains et il n’en garde que des bons souvenirs. Je ne voulais pas faire une pièce juste pour dénoncer des choses noires, ça n’aurait pas été très intéressant.

La préparation de « Revenir un Jour »

Pourquoi avoir choisi des comédiens plutôt jeunes, comme Édouard Collin (27 ans) et David Tournay (30 ans), pour jouer des revenants ?

Franck Le Hen : Chut, il ne faut pas le dire. Je ne voulais pas prendre d’anciens membres de boys band et c’est aussi un choix de Frank de ne pas jouer dans la pièce. Je lui avais proposé la pièce il y a un an et il n’a pas voulu car c’était trop proche de lui, ce que je peux comprendre. Édouard se met un peu de barbe et puis ça passe. Je cherchais un comédien qui pouvait incarner ce personnage et, dans le milieu du théâtre parisien, je trouvais qu’Édouard était le beau gosse un peu enfermé dans le rôle du coach sportif toujours torse nu à côté d’Amanda Lear dans « Lady Oscar ». Je me suis dit qu’il avait peut-être envie d’aborder d’autres personnages, qu’Alex était peut-être le rôle qui allait le faire aller vers d’autres personnages. Au théâtre, on peut plus se permettre des écarts d’âge qu’au cinéma. David Tournay jouait dans la série « Foudre ». Il y a plein de petites minettes qui aimaient bien cette série et je trouvais qu’il représentait un petit boys band à lui tout seul. Il y avait le brun, le blond…il fallait que je fasse mon affiche. (Rires). David et Édouard jouent très bien et je voulais absolument de vrais comédiens.

Dans « Revenir un jour », les OneAgain4 chantent, à capella, « Le temps qui court », titre notamment chanté par Alliage. Pourquoi avoir choisi cette chanson ?

Franck Le Hen : La chanson raconte pas mal de choses : elle parle du vieillissement, évoque nos rêves d’enfants. Je trouve que c’est parfait pour la pièce. Mais aussi parce que c’était une chanson de l’époque boys band avec la reprise d’Alliage. A l’origine, c’était une chanson de Donna Summer, mais il y a aussi les Take That avec Robbie Williams qui l’ont reprise. Revenir un jour, le temps qui court, on est en plein dedans.

Ça a été difficile d’apprendre à chanter pour vous quatre qui à la base n’êtes pas chanteurs ?

Franck Le Hen : Moi, je chante très bien. Non, je déconne. On a été coachés pour les harmonies surtout. Je voulais absolument ce moment-là, c’était le vrai challenge de la pièce. Que fait un boys band sans playback ? Ils sont bien obligés de chanter. Mais, est-ce qu’ils savent chanter ? A l’époque, on disait qu’ils ne savaient pas chanter. Il fallait donc qu’on montre une performance artistique des OneAgain4 car ce ne sont pas juste des beaux gosses qui enlèvent leur chemise. Ce moment était très important. Édouard savait un peu chanter puisqu’il avait été dans la compagnie Roger Louret pendant des années. Rodolphe et moi aussi on savait un peu chanter. Et puis David, on l’a bien aidé.

Et pour les chorégraphies aussi vous avez du beaucoup travailler ?

Franck Le Hen : Oui, on a beaucoup aidé David aussi. (Rires). Il n’est pas là le pauvre. A l’époque on disait toujours que les boys band ne savaient pas chanter ni danser, donc pour la pièce je n’étais pas obligé de prendre des gens qui venaient de Broadway. Et, au final, ça le fait. C’est hyper bien. Sévy Villette a fait des chorégraphies en mélangeant d’anciens pas avec des nouveaux. Je trouve ça génial car c’est complet de pouvoir faire à la fois une comédie, un peu de drame, un peu de chanson. C’est parfait. C’est ce qu’on veut tous faire quand on est comédien.

C’est Frédéric Château qui a composé la musique de la pièce. Comment c’est passé votre rencontre ?

Franck Le Hen : Je l’ai connu par l’intermédiaire d’Olivier Macé, le metteur en scène de la pièce. Frédéric Château avait déjà fait des musiques pour lui, notamment pour « Ladies Night » et pas mal d’autres pièces. Je le connaissais car il avait fait des petits tubes dans les années 80. Au départ ce n’était pas sûr qu’on travaille ensemble. Il a adoré le projet, mon énergie. Il y a cru tout de suite. Il a donc composé la chanson qu’on entend dans la pièce.

Vous utilisez la vidéo dans la pièce : l’histoire est entrecoupée par des vidéos, l’introduction même de la pièce c’est une vidéo. C’est assez novateur pour du théâtre. Pourquoi avoir choisi d’intégrer la vidéo dans le théâtre ?

Franck Le Hen : C’est compliqué de retranscrire dans une pièce de théâtre le temps qui passe. Le début de la pièce commence avec Édouard qui arrive dans la salle et qui ne sait pas du tout ce qui se passe. Il apprend, petit-à-petit, que tous ses copains de l’époque sont là, que son ex, Vanessa, interprétée par Christine Lemler, est là aussi et qu’il y a une tournée qui va se faire. Comme on suit pas à pas toute l’évolution du groupe jusqu’au show final, qu’on voit à la fin de la pièce, c’était compliqué de montrer l’heure et les jours qui passent. Je me suis demandé comment le représenter. Les vidéos servent à ça, aussi à agrémenter et à montrer qu’on a vachement bossé.

Le fait d’intégrer des vidéos, est-ce ce qui a entrainé la quasi absence de décor sur scène ?

Franck Le Hen : Oui, ça c’est plutôt intelligent de la part d’Olivier Macé. En général, dans les pièces de théâtre, on essaye de tout représenter de la petite cuillère jusqu’au coupe-ongles. Parfois, ça ne sert à rien, c’est trop. En écrivant, je l’ai un peu aidé puisque j’ai situé l’action dans une salle de théâtre. Il n’y a donc pas besoin d’en rajouter. Olivier Macé a choisi ce système de cubes qui nous servent à la fois pendant les répétitions et pour le show final. Je trouvais ça assez intelligent de sa part. On a aussi des beaux panneaux à la fin et de la fumée pour faire comme dans un vrai show.

Franck Le Hen est aussi l'auteur de "Bonjour Ivresse" / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Franck Le Hen est aussi l’auteur de « Bonjour Ivresse » / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

« Revenir un Jour », une pièce financée, en partie, grâce au Crowdfunding

Vous avez lancé une collecte sur Kisskissbangbang et récolté un peu plus de 10.000 euros. Était-ce la première fois que vous faisiez appel au financement participatif pour vos projets ?

Franck Le Hen : Oui, c’était la toute première fois. D’ailleurs, on m’a souvent dit que c’était la première fois que ça arrivait pour le théâtre, mais je crois bien que ça a déjà été fait. C’est simplement par rapport à mon parcours dans le sens où quand on présente une pièce on fait toujours des lectures un après-midi dans un théâtre avec des comédiens, devant des professionnels qui ne sont pas forcément toujours très attentifs. C’était compliqué de faire une lecture pour cette pièce sachant qu’à la fin il y a le show avec de la danse. Comment expliquer ça en lecture ? J’ai donc voulu le montrer. Je n’ai pas fait de lecture mais un showcase à la place avec la vraie mise en scène, la vraie musique. Je présentais la pièce sur un plateau à des producteurs qui n’avaient plus qu’à signer.

Que retenez-vous de ce financement participatif ?

Franck Le Hen : J’ai adoré. Ça donne confiance dans le sens où le vrai producteur de toutes mes pièces c’est le public. J’étais content d’avoir pu réunir cette somme tout seul avec le public pour faire cette pièce. Après, je n’avais pas les épaules assez larges, heureusement que Jean-Manuel Dupont et Jean-Pierre Bigard du Palais des Glaces sont arrivés pour faire une vraie programmation. C’est génial, Internet permet de passer directement par le public alors qu’avant il y avait plus d’étapes, des financements… Là je peux leur proposer des choses directement.

Christine Lemler : En plus, les internautes ont répondu très vite présents.

La programmation de la pièce dépendait donc du succès du showcase ?

Franck Le Hen :Oui, si je n’avais pas eu de coups de fil le lendemain pour me dire c’est génial, on veut produire la pièce, je ne sais pas ce que j’aurai fait. J’aurai peut-être relancé une collecte sur Kisskissbangbang pour demander 150.000 euros (rires). Mais oui, ça en dépendait complètement et ils m’ont tous suivi, Christine, Édouard, Rodolphe Sand, Olivier Macé, Frédéric Château aussi… J’avais déjà toute l’équipe. Le 26 novembre on ne savait pas trop où on allait et même en janvier, on se demandait encore ce qui allait se passer. C’était un challenge. C’est génial de se faire des petites peurs comme ça.

Franck Le Hen et Christine Lemler devant l'affiche géante de "Revenir un Jour" au Palais des Glaces / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Franck Le Hen et Christine Lemler devant l’affiche géante de « Revenir un Jour » au Palais des Glaces / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Des tee-shirts à l’effigie des OneAgain4

Il y a un merchandising associé à la pièce que Christine porte aujourd’hui. C’est plutôt rare au théâtre. Pourquoi avoir choisi d’en produire ?

Franck Le Hen : Je l’avais déjà fait lors des tournées de « Bonjour Ivresse », il y avait des tee-shirts. C’était suite à la demande de spectateurs. On avait aussi fait un single avec Frank Delay. C’est surtout que j’aime bien sortir le théâtre de son côté poussiéreux. Le théâtre fait peur aux gens : ils pensent qu’ils vont se faire chier ou que ça va être trop compliqué, qu’ils ne vont pas comprendre… J’aimerai bien qu’ils voient mes pièces comme ils téléchargent une série. Avec le merchandising, ils peuvent repartir avec un souvenir. Je crois que quand j’étais petit j’étais aussi fan et j’aimais bien les objets, les souvenirs autour d’une pièce. Comme c’est l’histoire d’un boys band, il fallait jouer le jeu jusqu’au bout puisqu’on fait les photos, les autographes… Du coup on vend aussi les affiches, les briquets, les tee-shirts comme pour un vrai boys band.

Est-ce que ça fonctionne ?

Franck Le Hen : Oui, sauf qu’il n’y a pas tout le temps quelqu’un à la caisse. On n’est pas super bien organisés. On n’est pas encore une grosse multinationale pour faire ça. Le but n’était pas de faire de l’argent avec ça mais de garder le contact avec les gens après la pièce.

L’avenir de « Revenir un Jour »

La pièce se joue au Palais des Glaces jusqu’au 30 août. Quel sera ensuite l’avenir de cette pièce ?

Franck Le Hen : On ne peut encore rien dire, mais il y aura une suite.

Au vu des premiers retours du public, cette pièce peut-elle atteindre plusieurs centaines de représentations ?

Franck Le Hen : J’espère, et même plus, mais on ne pourra le dire que dans quelques temps. On va bientôt arriver à 60 représentations. Je serai un peu déçu si ça ne fonctionne pas car j’ai fait 850 représentations avec « Les homos préfèrent les blondes » et j’en suis à 1100 avec « Bonjour Ivresse ».

Franck Le Hen et Christine Lemler / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Franck Le Hen et Christine Lemler / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Tous les deux, vous êtes prêts à faire plusieurs centaines de représentations de cette pièce ?

Franck Le Hen : Moi, oui.

Christine Lemler  : Moi aussi, même plus. J’y crois vraiment.

Christine Lemler, une comédienne a la carrière bien remplie

Christine, on vous a vu à la télévision, notamment dans « Sous le Soleil » et « Plus belle la vie », des séries à grosse audience. C’est plutôt surprenant de vous retrouver au théâtre devant forcément moins de monde que les 6 millions de spectateurs quotidiens de « Plus belle la vie »…

Christine Lemler : Mais sur la durée, il y aura autant de spectateurs que ça. Ce n’est pas la première pièce dans laquelle je joue, j’en ai fait d’autres avant. En tous cas, je suis ravie de faire partie de cette aventure. Je suis sûre qu’on jouera cette pièce pendant très longtemps.

Avez-vous immédiatement accepté le rôle de Vanessa lorsqu’il vous a été proposé par Franck Le Hen ?

Christine Lemler : Avant d’accepter le rôle de Vanessa je ne connaissais pas le travail de Franck. J’avais un copain qui jouait dans « Bonjour Ivresse » qui m’a proposé de venir le voir car il voulait me présenter quelqu’un, en l’occurrence Franck. Je suis donc allée voir « Bonjour Ivresse » que j’ai adoré. On avait besoin de spectacles comme ça. C’était drôle, bien écrit. Je n’ai pas vu le temps passer. J’ai l’impression que lorsque la pièce se terminait, je venais tout juste de rentrer dans le théâtre. Nicolas Vitiello, qui jouait dans ce spectacle, m’a présenté Franck et je lui ai dit tout le bien que je pensais de sa pièce, que j’aimais son écriture et que si à l’avenir on avait l’opportunité de travailler ensemble un jour, ce serait avec grand plaisir. Ça s’est concrétisé quelques mois après quand Franck m’a proposé ce joli personnage.  J’ai dit oui tout de suite parce que ça m’amusait vraiment.

Qu’est-ce qui vous a plu et convaincu dans le rôle que vous proposait Franck ?

Christine Lemler : Ce que je dis souvent, c’est que je suis la seule femme dans cette pièce. (Rires). Et donc la bombe de la pièce, n’est-ce pas. C’est une comédie où ça fait 10 ans qu’ils ne se sont pas vus, ils se retrouvent par l’intermédiaire de Vanessa notamment. C’est un challenge assez rigolo car cette fille elle doit les motiver pour qu’ils refassent le show et leur donner envie puisque c’est leur ancienne chorégraphe. Il fallait un peu de fermeté, mais en même temps dans tout ça il y a de l’émotion. On rit beaucoup.

Franck Le Hen  : C’est la première fois que tu as un micro et que tu harangues les foules comme ça.

Christine Lemler : Oui, à la fin je présente le show. Comme j’avais fait beaucoup de séries, j’ai présenté il y a une dizaine d’années Le Club sur Série Club qui était une chaîne qui ne parlait que de séries. On m’a dit : « Tu as une légitimité avec tout ce que tu as fait : « Édouard et ses filles » avec Pierre Mondy, « Sous le Soleil », « Classe Mannequin », « Le château des oliviers »… J’ai trouvé ça amusant. Là, je présente un show, ce n’est pas pareil, mais c’est une belle aventure, je suis ravie. C’est une bande de pote qui se retrouve 10 ans après.

Christine Lemler interprète Vanessa la chorégraphe dans "Revenir un Jour" / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Christine Lemler interprète Vanessa la chorégraphe dans « Revenir un Jour » / Crédit Photo : Laurent pour Saisirlavie.com

Dans les années 90, période des boys band,  vous avez notamment été scénariste pour la série « Premiers Baisers »…

Christine Lemler : Scénariste, c’est un bien grand mot. Mais oui. J’ai donc pris un coup de vieux ? (Rires). C’est vrai qu’on a écrit trois épisodes de « Premiers Baisers » et ça avait beaucoup plu. On en avait fait un premier et le producteur nous a proposé d’écrire encore. Ces épisodes avaient fait une belle audience. On avait fait un épisode en deux parties et c’était la première fois, car à chaque fois « Premiers Baisers » c’était une histoire qui se finissait en un épisode. Ça nous a amusé de faire ça, surtout qu’on a été assez vite. En deux après-midis, on avait terminé. Après, nous on écrit et après il y a aussi la production qui met son grain de sel dedans. Il y a malheureusement beaucoup d’intervenants.

Ça ne vous manque pas de travailler en tant que scénariste ?

Christine Lemler : Si, j’aimerai bien co-écrire, mais il faut trouver l’âme sœur. Mais pourquoi ne pas écrire des petites choses…

Et la réalisation dans tout ça ?

Christine Lemler : On ne s’improvise pas réalisateur. Il faut se former pour réaliser. Faire un plan c’est technique. Il faut savoir poser ses caméras pour raconter une histoire. Mais quand je tourne, il m’arrive de me demander comment je ferai le plan, la scène, où je mettrai ma caméra…Il m’arrive d’y penser.

Vous avez repris récemment le rôle de Valentine dans « Sous le soleil de Saint-Tropez ». Est-ce compliqué de concilier les tournages et les répétitions puis représentations de « Revenir un jour » ?

Christine Lemler : On arrive toujours à s’arranger en regroupant les répétitions par rapport aux tournages sans problème.

Vous avez joué dans la saison 2 de « Sous le soleil de St Tropez ». Est-ce qu’il y aura une troisième saison ?

Christine Lemler : Non, je suis désolée, il n’y aura pas de saison 3. Mais il y aura d’autres choses.

Avec le succès de « Revenir un jour » qui en est déjà à une soixantaine de représentations, c’est donc fini la télévision pour vous pour le moment ?

Christine Lemler : Non, ce n’est pas fini. Je suis dans le dernier épisode de « La smala s’en mêle » qui doit être diffusé à la rentrée. Il y aura peut-être d’autres choses en télé, mais je suis ravie d’être au théâtre, de jouer à Paris et de prolonger cette aventure « Revenir un jour ». Quand il y a des tournages, il y a toujours la possibilité  de me faire remplacer par d’autres comédiennes. Mais là je suis dans cette aventure, ce n’est pas fini, je compte bien y rester très longtemps et pour l’instant je privilégie le théâtre.

« Revenir un Jour » de et avec Franck Le Hen et Rodolphe Sand, Christine Lemler, David Tournay et Édouard Collin. Au Palais des Glaces à Paris du mardi au samedi à 20h45 jusqu’au 30 août.

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Cette entrée a été publiée le 9 août 2014 par dans Culture, et est taguée , , , , , , .
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