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Kyo retrouve la scène avec Le Graal Tour (live report)

Jeudi 2 octobre Kyo était de retour sur scène après huit ans d’absence. Ce que Benoit Poher, chanteur du groupe, n’a pas manqué de souligner. Pour le lancement du « Graal Tour », Kyo se produisait au théâtre Alexandre Dumas de Saint-Germain-en-Laye, dans le cadre du festival L’Estival. Un choix de lieu pour une première date hautement symbolique puisque c’est à Verneuil-sur-Seine, commune des Yvelines située à quelques kilomètres de Saint-Germain-en-Laye, que les membres du groupe se sont rencontrés. Une fois le groupe formé, ils ont ensuite joué dans toute la région pour se faire connaitre.

Après la sortie de leur dernier album « L’Équilibre » en mars dernier, Kyo sillonnera les routes de France, Suisse et Belgique pour « Le Graal Tour » qui comporte 38 dates jusqu’en mars 2015.

Un tout premier concert dans un théâtre pour des retrouvailles avec le public plus intimistes que dans des Zéniths ou à l’Olympia qu’ils investiront prochainement.

Live painting de KYO par Rénald Zapata / Crédit Photo : Laura Bruneau

Live painting de KYO par Rénald Zapata / Crédit Photo : Laura Bruneau

Une setlist bien construite pour plaire à tous les fans

La grosse interrogation avant le début de la tournée de Kyo c’était de savoir quels titres ils interpréteraient sur scène. Allaient-ils privilégier les chansons de leur dernier album « L’Equilibre » en les interprétant presque toutes au détriment des anciennes chansons ? Après tout, la tournée s’intitule « Le Graal Tour », du nom du premier single de leur dernier opus. Ou alors allaient-ils malgré tout interpréter leurs anciens tubes qui les ont fait connaître ?

Benoit Poher et Florian Dubos de Kyo / Crédit Photo : Laura Bruneau

Benoit Poher et Florian Dubos de Kyo / Crédit Photo : Laura Bruneau

Rien n’avait filtré à ce sujet avant le concert de jeudi, mais la réponse est arrivée très vite : après avoir ouvert leur show avec « Récidiviste », une chanson très pêchue de leur dernier album, les 4 membres de Kyo ont enchaîné avec « Contact » puis « Je saigne encore », des titres qui ont plus de dix ans maintenant. Le début du concert donne le ton : tout le spectacle alternera nouveaux et anciens titres afin de contenter tout le monde, fans de la première heure et nouveaux venus. Mais pour le plaisir du groupe aussi qui ne cache pas sa joie de revenir sur scène, ensemble, après tant d’absence. Leur bonheur d’être là s’est ressenti  quelques minutes après le début du concert qui a démarré timidement. Sûrement, l’appréhension de revenir sur scène.

Sur 21 titres interprétés, Kyo en a choisi 10 de son dernier album « L’Équilibre », 5 chansons sont extraites de « 300 Lésions » paru fin 2004, 5 sont sorties sur « Le Chemin » en 2003 et un titre était inédit.

Sans être exhaustive, sur cette première date du Graal Tour on a pu entendre : « Sarah » ; « Enfant du solstice », prochain single à paraitre ; « Respire » seul titre composé lors d’une tournée selon Benoit Poher ; « Poupées russes » ; « Je cours » ; « Le chemin » ou encore « Nuits Blanches ».

Kyo en concert à St Germain en Laye le 2 octobre 2014 / Crédit Photo : Laura Bruneau

Kyo en concert à St Germain en Laye le 2 octobre 2014 / Crédit Photo : Laura Bruneau

Toutefois, on regrette l’absence de « Tout envoyer en l’air », chanson explosive sortie en 2003, qui aurait eu toute sa place dans la tournée et dont l’interprétation sur scène à l’époque valait vraiment le coup d’œil. Mais il est fortement probable que la setlist évolue au gré des concerts.

Un public de tous âges

Dans la salle comble, le public est hétéroclite. Les familles avec enfants de moins de dix ans côtoient adolescents et jeunes adultes, qui étaient trop jeunes pour suivre Kyo en 2003 à la sortie du « Chemin », ainsi que des trentenaires, déjà là il y a plus de dix ans. La majeure partie des spectateurs est toutefois jeune car c’est sur les chansons du dernier album que le public réagit le plus. Cependant il ne boude pas son plaisir de découvrir en live des titres plus anciens.

Pour les 25-30 ans, comme moi, dont l’adolescence a été bercée par « Le Chemin » et « 300 lésions », c’est un plaisir de retrouver son groupe favori sur scène, réveillant des souvenirs empreints de nostalgie à l’écoute des anciennes chansons qui n’ont pas pris une ride.

Kyo a lancé le Graal Tour au festival L'Estival / Crédit Photo : Laura Bruneau

Kyo a lancé le Graal Tour au festival L’Estival / Crédit Photo : Laura Bruneau

Étonnamment, le public réagit bien à « Révolutions » qui n’est pourtant pas la plus connue des chansons de Kyo. Parue fin 2004 sur « 300 Lésions », elle n’est jamais sortie en single.

Contrairement à ce que l’ont pourrait croire, les cris les plus stridents ne sortent pas de la bouche des adolescentes, mais de celle de mon voisin, un homme d’une trentaine d’années, qui a bien failli esquinter mes tympans.

Kyo, un groupe de scène…

Les membres du groupe Kyo se sont toujours revendiqués comme des musiciens à part entière, qui écrivent et composent leurs chansons. Ce qui est évident sur scène. Inutile de préciser qu’ils jouent et chantent en live. Pour « Le Graal Tour », ils sont rejoint pas deux musiciens supplémentaires : Nicolas (un autre) aux claviers et Pierre à la guitare, déjà présent sur les précédentes tournées du groupe.

Benoit et Fabien de Kyo en concert / crédit Photo : Laura Bruneau

Benoit et Fabien de Kyo en concert / crédit Photo : Laura Bruneau

L’intérêt de se déplacer à un concert de Kyo c’est qu’il y a un vrai travail sur les chansons interprétées. On n’a absolument pas l’impression d’écouter simplement un album dans son salon, ce qui est malheureusement le cas avec certains artistes. Kyo réorchestre une bonne partie des titres joués. Ajout judicieux d’une nouvelle introduction à « Récidiviste », pour ouvrir le spectacle, à « Je saigne encore », sublimant la chanson, et à « XY » ou d’une longue fin à « White trash »… « Sad Day » n’avait pas de refrain. Plusieurs chansons, dont « Sarah » et « Dernière danse », commencent doucement à capela ou en acoustique pour mieux continuer et terminer avec de grosses instrus.

Florian Dubos, membre du groupe Kyo / Crédit Photo : Laura Bruneau

Florian Dubos, membre du groupe Kyo / Crédit Photo : Laura Bruneau

Florian Dubos, guitariste et seconde voix du groupe, chante seul trois titres : « Comment te dire » qui était chantée par Benoit sur l’album « Le Chemin » ainsi que « Révolutions » et « La Route » qu’il interprétait déjà sur les albums studio. En live, « Révolutions » prend des accents blues qu’elle n’a pas dans sa version studio et « La Route » reste aussi mélancolique que dans l’album malgré des sonorités un poil plus électriques. A ce moment du concert, on verrait mieux Florian interpréter « Les vents contraires », autre titre qu’il chante dans l’album « L’Équilibre ».

Les musiciens vont et viennent sur scène au fil des morceaux. Mais le seul présent tout au long du show, et qui n’a pas le droit à sa pause clope contrairement aux autres, c’est Florian.

Benoit Poher sur Le Graal Tour / Crédit Photo : Laura Bruneau

Benoit Poher sur Le Graal Tour / Crédit Photo : Laura Bruneau

Dans leurs tenues habituelles, voire fétiches, les Kyo savent occuper la scène. Ils dégagent une énergie positive. Sur « Contact », « Je cours » et « Respire » Benoit Poher est très énergique, même s’il ne saute plus autant dans tous les sens qu’il y a dix ans. Sur « L’équilibre », titre le plus triste de leur répertoire, il réussit à livrer une interprétation émouvante sans tomber dans le pathos ni plomber l’ambiance.

Kyo interprète "3 lettres", un titre inédit, sur "Le graal Tour" / Crédit Photo : Laura Bruneau

Kyo interprète « 3 lettres », un titre inédit, sur « Le Graal Tour » / Crédit Photo : Laura Bruneau

Kyo a présenté un petit inédit probablement intitulé « Trois lettres », un titre court, juste avant « Poupées Russes ». A la sortie du dernier album, ils avaient dit avoir gardé quelques inédits pur la tournée. Une autre bonne surprise est intervenue au moment du rappel. Après avoir brièvement quitté la scène, Kyo revient et Ben entame « Born to Kiss », un titre plutôt méconnu car figurant seulement dans la version deluxe de « L’Équilibre ». Cette chanson, très rythmée et électrique, est taillée pour la scène. Sur scène, Benoit est comme « branché sur une chaise de 1500 volts… », tel qu’il le chante.

Côté décor, un immense Y trône au fond de la scène. C’est le même qui était déjà présent au Yoyo lors de la pré-coute de l’album, mais on y a ajouté des ampoules et des éléments pour l’agrandir. Il permet toujours la projection d’images pendant les chansons. Ainsi, pendant « Le Chemin », des images des clips de « Dernière danse » et de « Je saigne encore » y défilent. Lors de « White Trash » ce sont des images de flammes et de villes pour « Nuits Blanches ».

Kyo en concert au théâtre Alexandre Dumas de Saint-Germain-en-Laye / Crédit Photo : Laura Bruneau

Kyo en concert au théâtre Alexandre Dumas de Saint-Germain-en-Laye / Crédit Photo : Laura Bruneau

Chaque chanson est accompagnée d’une ambiance lumineuse différente, mais c’est le rouge, si cher à Kyo et que l’on retrouve notamment dans les clips « Ce soir » et « Je saigne encore », qui domine la soirée. Par moment, il y a des ambiances bleutées, jaunes ou violettes, mais le rouge revient le plus souvent. Les halos de lumière sont si puissants qu’on a du mal à prendre des photos correctes d’autant plus que l’utilisation du flash est interdite.

Une première date pour se roder

La seule déception de ce show, c’est la durée. Même si les Kyo ont chanté 21 titres, 1h30 ça passe vite, trop vite. Malgré un rappel, lorsque « Dernière danse » se termine et que le groupe quitte la scène après de chaleureux remerciements, le public a un goût de trop peu et en réclame une autre. Ce qui ne sera malheureusement pas le cas.

Benoit Poher, chanteur du groupe Kyo / Crédit Photo : Laura Bruneau

Benoit Poher, chanteur du groupe Kyo / Crédit Photo : Laura Bruneau

Cette première date, dans le cadre d’un festival, ne comportait pas de première partie musicale. Gageons que pour les dates à venir il y en aura. A Saint-Germain-en-Laye, c’est l’artiste de live-painting Rénald Zapata qui a précédé le groupe sur scène. En une dizaine de minutes, il a peint en live un portrait des quatre membres de Kyo. Tableau mis en jeu lors d’une tombola après le concert.

Nicolas Chassagne, le timide guitariste coiffé de son chapeau, et Fabien Dubos, le batteur, n’ont pas pris la parole lors de ce concert. C’est dommage. La faute au chanteur Benoit qui est une vraie pipelette. Il a pris la parole presque entre chaque chanson pour présenter les titres et faire des petites blagues.

 Après une bonne soirée dans une petite salle en compagnie de Kyo, on a hâte de découvrir la suite de la tournée pour voir les évolutions apportées au show, notamment en termes de setlist.

L’avis des fans

Max, venu des Yvelines, a « retrouvé Kyo sur scène avec un grand plaisir ». Pour lui, « rien n’était plus parfait qu’une petite salle intimiste pour ouvrir « Le Graal Tour ». Il n’a pas trop apprécie l’ouverture car « Récidiviste » est le titre qu’il aime le moins sur le dernier album de Kyo. Mais il a adoré « les nouveaux arrangements des anciens titres qui nous permettent de les redécouvrir » et la fin « en beauté » avec Dernière Danse qui a marqué son adolescence. Lui aussi aurait aimé que « Tout envoyer en l’air » fasse partie de la setlist.

Rachel, 18 ans, venue elle aussi des Yvelines voyait Kyo sur scène pour la première fois. Le concert est passé bien trop rapidement pour elle qui était au pied de la scène et qui s’est bien amusée. Elle a apprécié le choix de la setlist. Par contre, elle regrette le manque de contact avec les artistes car bien qu’elle fût au premier rang, ils n’ont apparemment pas vu sa pancarte Kyo, la seule pancarte de la salle. Mais elle met ça sur le compte de Benoit Poher qui a souvent les yeux fermés lorsqu’il chante.

Benoit Poher de Kyo, qui a lancé sa tournée dans les Yvelines / Crédit phot : Laura Bruneau

Benoit Poher de Kyo, qui a lancé sa tournée dans les Yvelines / Crédit phot : Laura Bruneau

Mélina, 20 ans, vit à Paris. Elle a trouvé le concert « génial ». Préférant les anciennes chansons de Kyo, tant au niveau des textes que de la musique, la setlist lui a vraiment plu : « la construction de la setlist était vraiment sensée avec des chansons fortes au début pour ensuite aller vers des titres plus doux. » Comme la plupart des spectateurs, Mélina a trouvé le concert trop court. Elle est venue à ce spectacle avec son amie Emilia qui a 24 ans et vit à Boulogne. Emilia a bien aimé « les petites blagues de Ben » qui ont ponctué tout le concert et l’alternance entre anciens et nouveaux titres. Installée dans les premiers rangs, Emilia a apprécié que le concert ait lieu dans « un petit théâtre. » « C’est plus proche, plus intime » conclut-elle.

A lire aussi : ma chronique sur ce concert pour Le Plus du Nouvel Obs.

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Cette entrée a été publiée le 12 octobre 2014 par dans Culture, et est taguée , , , , , .
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