Le Blog de Laura

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3 Jours à Solidays

La 17ème édition du festival Solidays s’est tenue du 26 au 28 juin 2015 à l’hippodrome de Longchamps. 3 jours de concerts mais aussi de solidarité et d’engagement dans la lutte contre le sida. Journal de bord de ces trois journées avec un peu de musique, quelques rencontres, des tours en coulisses et beaucoup d’ambiance.

Solidays 2015

Vendredi 26 juin

18h20 : Génial, plus de taxis en grève à la Porte Maillot

La place de la porte Maillot est vide. Les taxis en grève qui l’occupaient dans la matinée, créant une belle pagaille, ont disparu. Sont-ils eux aussi tous partis à Solidays ? Malgré la longueur impressionnante de la file d’attente pour prendre les navettes, ça avance relativement vide. Le système est bien rôdé et efficace. Les bus sont blindés, l’atmosphère y est collante, suante. C’est parti pour 20 minutes de trajet.

Place de la Porte Maillot vendredi 26 juin au soir

Place de la Porte Maillot vendredi 26 juin au soir / Crédit Photo : Laura Bruneau

19h45 : Exposition Happy Sex de Zep

Le papa de Titeuf, Zep, publie aussi des BD pour adultes, comme « Happy Sex ». 30 planches agrandies extraites de l’album sont exposées. Dans « Happy Sex », le dessinateur de n’est donné aucune limite. Il aborde avec beaucoup de réalisme tous les aspects de la sexualité : masturbation, sodomie, sextoys, éjaculation précoce, sadomasochisme… Le tout avec beaucoup d’humour… et dans un ambiance musicale. Le stand voisin de l’exposition propose un karaoké. Les chanteurs d’un jour s’égosillent sur « Allumer le Feu » de Johnny Hallyday, « Ton invitation » de Louise Attaque, « L’aventurier » d’Indochine ou des tubes de Christophe Maé.

Planche extraite de la BD Happy Sex de Zep

Planche extraite de la BD Happy Sex de Zep / Crédit Photo : Laura Bruneau

20h : Bill Gates en 1ère partie d’Izia 

Juste avant qu’Izia n’entame son concert, le milliardaire Bill Gates fait son apparition sur la scène Paris. Quelques heures plus tôt il donnait une conférence au Forum Café. Il tenait à rajouter quelques mots devant une foule bien plus important qu’au forum avant de quitter Solidays, où il venait pour la seconde fois. Puis, place à Izia pour une heure de show très énervé et énergique. Elle interprète notamment son sigle « So much Trouble ».

Samedi 27 juin

14h45 : Instants photo à gogo dans les stands

Les stands qui composent Solidays proposent diverses activités aux festivaliers. Cette année, il y a beaucoup d’animation photos. A commencer par Le Bar de Sam, qui propose de monter un rock band avec guitares et trompette, dont le chanteur est Sam. L’instant est immortalisé et rapporte du Samcash, seule monnaie acceptée au bar pour découvrir des recettes originales de cocktails sans alcool.

Le bar de Sam à Solidays

Le bar de Sam à Solidays / Crédit Photo : Laura Bruneau

L’ « éthylo zest » avec du jus d’orange, de citron, de pamplemousse et de fraise est très rafraichissant par ce temps, tout comme le « Sam on the peach », à base de pêche, orange, cranberry et grenadine.

Avec Mediamag, on a monté un groupe avec Sam

Avec Mediamag, on a monté un groupe avec Sam

A quelques pas, la bulle où est présentée la tablette Surface de Microsoft, propose aussi un atelier photo. Les festivaliers sont invités à sauter en l’air. La photo leur est ensuite envoyée par mail. Chez Coca aussi on se fait tirer le portrait, mais dans un bac à bulles.

Bulle pour tester la Surface

Bulle pour tester la Surface / Cradit Photo : Laura Bruneau

15h45 : Extrait d’ « Human », le nouveau film de Yann Arthus-Bertrand

Solidays propose en exclusivité de visionner 25 minutes extraites du tout dernier documentaire de Yann Arthus-Bertrand, « Human ». Un film qui propose de magnifiques images de la planète, vue de haut, filmée depuis un hélicoptère, comme a l’habitude de le faire Yann Arthus-Bertrand. Il y donne à voir des images de la nature sauvage mais aussi de constructions humaines. Mais le cœur du documentaire, qui sera projeté en septembre à l’ONU, ce sont les portraits. Pour réaliser ce film, le réalisateur et ses équipes ont réalisé plus de 2.000 interviews.

Affiche du documentaire Human de Yann Arthus-Bertrand

Affiche du documentaire Human de Yann Arthus-Bertrand / Crédit Photo : Laura Bruneau

Parmi les témoignages projetés à Solidays : un prisonnier qui évoque l’amour ; une femme (indienne ?) qui parle de la pauvreté subie dans son pays ; un homme palestinien dont la fille a été tuée devant son école par la police israélienne et un homme israélien qui a perdu sa fille dans un attentat suicide commis par un Palestinien. Ces deux témoignages sont mis en parallèle. Les deux hommes meurtris ont pour point commun de rejeter la vengeance.

C’est dans un camion abritant une salle de cinéma, mobile et en pente, de 80 places que le film est projeté à Solidays. Qui plus est, climatisée. Une parenthèse de fraîcheur plus qu’appréciable par cette météo.

Camion renfermant une salle de cinéma

Camion renfermant une salle de cinéma / Crédit Photo : Laura Bruneau

L’intégralité du film sera disponible en ligne gratuitement après sa diffusion à l’ONU.

16h25 : Pause bien-être au Green Corner

Rien de tel qu’un peu de repos au Green Corner pour se ressourcer. L’espace détente est très calme et agréable, aménagé avec des sièges, fauteuils et transats, dont certains à l’ombre. Dans une vieille roulotte, un bar à smoothies propose des recettes de cocktails de fruits. La consommation d’alcool est interdite dans le Green Corner, qui est aussi doté d’un espace bien-être, où l’on peut tester l’ostéopathie, la chiropractie, le shiatsu et la médecine traditionnelle chinoise. Les rendez-vous sont pris d’assaut, il faut réserver à l’avance son créneau.

Le Green Corner de Solidays

Le Green Corner de Solidays / Crédit Photo : Laura Bruneau

C’est parti pour 20 minutes de chiropractie, qui, à la différence de l’ostéopathie ayant une approche sur l’ensemble du corps, se concentre uniquement sur la colonne vertébrale. Les effets pour les maux liés aux dos se ressentent rapidement. La séance n’est pas douloureuse ni désagréable. Elle consiste notamment à des points de pression, mais pas seulement. La compréhension de ce qui cloche est rapide et la correction aussi.

Chiropractie à Solidays

Chiropractie à Solidays / Crédit Photo : Laura Bruneau

17h30 : Brigitte Lahaie parle d’amour au Forum Café

Après l’intervention de Maxime de Rostolan, directeur de l’association Fermes d’avenir et créateur de la plateforme de crowdfunding Blue Bees (qui propose de prêter de l’argent avec rémunération de 2 à 3 % à la clé à des entrepreneurs pour des projets d’agriculture durable et environnementaux), sur l’agriculture durable, place à l’animatrice de radio Brigitte Lahaie. Sous le chapiteau qui abrite le Forum Café, la chaleur est très lourde, malgré les climatiseurs qui tournent. Chapiteau qui est d’ailleurs très probablement le même que pour le Magic Mirror, scène qui accueille des concerts à la Défense dans le cadre du festival Chorus des Hauts-de-Seine, avec ses tables sur les côtés, en arc de cercle.

Brigitte Lahaie à Solidays

Brigitte Lahaie à Solidays / Crédit Photo : Laura Bruneau

C’est parti pour une discussion avec l’animatrice « Lahaie, l’amour et vous » sur RMC depuis 15 ans. Brigitte Lahaie évoque ses souvenirs de 15 ans d’antenne. Elle différencie sexe et sexualité : selon elle, le sexe c’est « la rencontre de deux organes génitaux », mais la sexualité « c’est en plus la rencontre de deux cœurs et deux têtes. » Elle affirme que la sexualité « reste un sujet très tabou ». « C’est normal qu’on ait des difficultés à en parler, ça fait partie de l’intime ». Selon elle, elle a lieu « entre deux adultes consentants » et c’est en ce sens que dans son émission elle évoque aussi bien la prostitution, que le libertinage, l’échangisme ou le sadomasochisme.  Par contre, elle refuse d’évoquer la pédophilie ou le viol, du point de vue de l’agresseur, car ils ne rentrent pas dans le cadre des deux adultes consentants. Elle ajoute : « Pour moi, la sexualité c’est la pulsion de vie. »

Brigitte Lahaie est animatrice sur RMC

Brigitte Lahaie est animatrice sur RMC / Crédit Photo : Laura Bruneau

Brigitte Lahaie est engagée auprès de l’APPAS (association pour la promotion de l’accompagnement sexuel) qui accompagne les handicapés dans leur sexualité et forme des personnes à l’assistanat sexuel.

18h30 : Retour au Green Corner

Même si ce samedi est moins chaud que le vendredi et le dimanche, une deuxième pause au Green Corner ça fait du bien. Place à la médecine traditionnelle chinoise, qui ici n’est pas pratiquée par des Chinois, contrairement à ce que l’on pourrait penser.  Le principe : faire circuler les énergies via les méridiens, notamment pour équilibrer le Ying et le Yang. Le massage des bras commence doucement avant de devenir plus énergique, plus appuyé, plus fort, un peu comme un massage thaïlandais. La pression se fait plus forte sur les points énergétiques, comme celui situé sur l’avant-bras et relié au gros intestin. Le massage descend jusqu’à la paume et aux doigts, qu’on essaye de faire craquer. Pour terminer, massage de la nuque et des cervicales.

Le Green Corner de Solidays 2015

Le Green Corner de Solidays 2015 / Crédit Photo : Laura Bruneau

Le tout au son de l’Orchestre National de Barbès qui se produit sur la scène Paris et avec une crème parfumée au jasmin.

19h30 : Conférence de presse d’IAM

Avant leur concert, les rappeurs marseillais d’Iam ont accepté de répondre aux questions des journalistes, sur fond du reggae de l’Australien Xavier Rudd, en concert sur la grande scène. Morceaux choisis.

IAM en conférence de presse à Solidays

IAM en conférence de presse à Solidays / Crédit Photo : Laura Bruneau

– Sur la nouvelle génération du rap : « C’est dur de juger dans l’ensemble. On écoute des groupe qui font preuve d’inventivité dans l’écriture, la composition et les thèmes.« 

– Akhenaton sur les textes de rap hardcore : « Il vaut mieux que les frustrations soient exprimées dans le rap qu’ailleurs.« 

– Sur le sexisme contenu dans les textes de rap : « Le rap n’a pas inventé le sexisme, il s’est développé là où il y en avait déjà.« 

– Akhenaton sur les migrants : « Un peu de charité chrétienne des fois ça fait pas de mal. » « Les migrants n’arrivent pas à Fréjus ni à Marseille, ils seraient accueillis par le Ku Klux Klan.« 

– Sur l’engagement des artistes : « Les artistes ne doivent pas forcément être engagés. Certains en dont que du divertissement et le font très bien. Nous aussi, on en écoute. Mais, si un artiste sait quelque-chose, il doit en parler. »

IAM s'est produit à Solidays en 2015

IAM s’est produit à Solidays en 2015 / Crédit Photo : Laura Bruneau

– Sur le hip-hop en France : « C’est l’art le plus pratiqué en France et la musique la plus écoutée.« 

– Sur leur 1ère tournée aux États-Unis en avril 2015 : « On a joué pareil, mais il y avait une émotion particulière. » « Notre tournée en 1998 a été annulée. Donc 17 ans après, on a fait ce qu’on n’avait pas pu faire à l’époque. » « La-bas, le hip-hop est enseigné à l’université.« 

Finalement, ils ont évoqué de nombreux sujets, mais pas directement Solidays.

Dimanche 28 juin

13h30 : Média tour, dans les coulisses du festival

Pour la toute première fois, cette année les Solidays proposaient une visite guidée des coulisses du festival. Un tour d’une heure avec une dizaine de journalistes, animée par Nora, bénévole à l’espace presse… 1ère étape, le Club Solidays. Un espace de détente, privé, pour les artistes invités, où ils peuvent bénéficier de massages. Une terrasse qui donne sur la scène Paris est à leur disposition pour profiter des concerts. Malheureusement, on reste devant l’entrée, puisque l’accès nous y est interdit.

2ème étape : le catering technique. Chaque jour, près de 10.000 plats chauds y sont cuisinés pour les bénévoles et la production. Le tour se poursuit dans les cris, au loin, des plus téméraires qui osent tenter le saut à l’élastique.

La production, c’est le centre névralgique du festival. Les badges d’accès au festival y sont imprimés, on y gère le merchandising. C’est 85 personnes à temps plein. Mais, là encore, cet espace est confidentiel, impossible d’y pénétrer.

QG des volontaires à Solidays

QG des volontaires à Solidays / Crédit Photo : Laura Bruneau

Le QG des Volontaires. Les volontaires englobent les bénévoles de Solidarité Sida mais aussi les Protis, les professionnels qui viennent travailler à titre gratis. C’est dans cet espace qu’ils peuvent venir se reposer, se restaurer ou se retrouver pendant leur temps de pause. Des tipis, tentes feng shui, balançoires, bars sont à leur disposition.

Tipi au QG des volontaires

Tipi au QG des volontaires / Crédit Photo : Laura Bruneau

En 2015, Solidays c’est 2.000 bénévoles (contre 1.500 en 2014) répartis en 45 équipes, pour accueillir les festivaliers, assurer la sécurité, nettoyer le site, véhiculer les artistes… Le dimanche soir, après la fermeture du site et l’évacuation des festivaliers, les volontaires auront droit à un concert surprise, par l’un des artistes présents à Solidays, dont le nom n’est dévoilé qu’au dernier moment.

Instants de repos au QG des volontaires

Instants de repos au QG des volontaires / Crédit Photo : Laura Bruneau

Cette année, ce sera Zebda. Toute l’année, Solidarité Sida accueillent 3.000 bénévoles qui préparent notamment les rubans rouge, font du tractage ou animent l’exposition Sex in The City.

Cochon volant dans l'exposition Sex in the city

Cochon volant dans l’exposition Sex in the city / Crédit Photo : Laura Bruneau

L’exposition Sex in The City est ludique et pédagogique. Chaque année, elle est présentée à Solidays. Elle accueille les visiteurs dans une chambre, avec couettes, oreillers et plumes. Dans la 1ère partie, « La maison des petits cochons », il y a beaucoup de mise en scène : des cochons sont suspendus au plafond, un tableau pour dessiner à la craie et des planches de la BD « Happy Sex » de Zep. Une bénévole anime un jeu de questions réponses.

Tableau noir dans l'exposition Sex in the city

Tableau noir dans l’exposition Sex in the city / Crédit Photo : Laura Bruneau

La 2ème partie de l’exposition, « Le palais des plaisirs » est toute aussi ludique, mais plus informative. Plusieurs animations interactives sont proposées aux visiteurs : la roue des plaisirs sur les zones érogènes, la cabine de Mme Irma qui lit l’avenir sexuel dans les lignes de la main…

La roue des plaisirs de l'exposition Sex in the city

La roue des plaisirs de l’exposition Sex in the city / Crédit Photo : Laura Bruneau

Un peu plus loin, le viol et les MST sont abordés. Des photos, bien dégoutantes, des effets sur les corps des IST incitent à la protection. Enfin, dans la dernière partie, des bénévoles sont présents pour répondre aux questions des festivaliers.

Une bénévole de Solidarité Sida à la fin de l'exposition

Une bénévole de Solidarité Sida à la fin d e l’exposition / Crédit Photo : Laura Bruneau

Le Village Associatif abrite une centaine d’associations. Il est très complexe, pour une association d’y décrocher son stand. La sélection est drastique, selon la cause qu’elles défendent, leur façon de récolter des fonds et surtout leur comportement pendant le festival.

Village Associatif de Solidays

Village Associatif de Solidays / Crédit Photo : Laura Bruneau

Il n’y a que 100 places et la demande est bien supérieure. Les associations doivent correspondre à une charte éthique. Une fois l’emplacement attribué, rien n’est acquis pour l’année suivante : des membres de Solidarité Sida passent régulièrement dans les allées du Village Associatif, vérifier le bon comportement des assos et la bonne tenue des stands.

Animation d'une association du village associatif

Animation d’une association du village associatif / Crédit Photo : Laura Bruneau

En 2015, l’environnement est une cause majeure avec l’année européenne pour le développement, il y a donc pas mal d’association engagées dans la préservation de l’environnement. Ce village est un gros vivier de recrutement pour les associations.

Infos bonus :

– Le festival ouvre un peu plus tôt pour les campeurs, pour qu’ils puissent profiter des Solidays avec un peu moins de monde

– Aucun artiste ne vient gratuitement, mais ils acceptent tous un cachet réduit.

– Le camping des bénévoles est séparé de celui des festivaliers. Ils ont besoin de plus de repos.

– C’est entre septembre et mars que tout se décide : en mars, tout est bouclé, mais l’affiche n’est dévoilée qu’au fur et à mesure. Dès septembre, on planche sur la prochaine édition.

– La plupart des bénévoles sont des femmes (60%). Les bénévoles sont des actifs qui ont 26 ans de moyenne d’âge.

14h45 : Les jeunes du CRJ au stand de l’Ile-de-France

Les membres de la mandature 2015/2017 du Conseil Régional des Jeunes d’Ile-de-France participent à l’animation du stand de la région. Cette année, ils ont suivi une formation au CRIPS (Centre régional d’information et de prévention du sida) pour aider les bénévoles dans leurs animations.

Des membres du Conseil Régional des Jeunes d'Ile-de-France 2015/2017

Des membres du Conseil Régional des Jeunes d’Ile-de-France 2015/2017 / Crédit Photo : Laura Bruneau

Au programme, une succession de salles, avec les événements marquants de l’année, et des animations autour de la prévention, la santé, l’image de soi, la consommation de drogues et d’alcool, la sexualité… dont un parcours avec des lunettes simulant l’ébriété.  Les jeunes du CRJ sont également chargés d’administrer un questionnaire de satisfaction aux participants.²

Jeu avec des lunettes simulant l'ébriété au stand de la région Ile-de-France

Jeu avec des lunettes simulant l’ébriété au stand de la région Ile-de-France / Crédit Photo : Laura Bruneau

15h30 : Bilan des Solidays 2015

Yann Arthus-Bertrand, Luc Barruet et Antoine de Caunes

Yann Arthus-Bertrand, Luc Barruet et Antoine de Caunes / Crédit Photo : Laura Bruneau

Luc Barruet, directeur de Solidarité Sida, Antoine de Caunes président d’honneur de Solidarité Sida, et Yann Arthus-Bertrand ont donné rendez-vous à la presse pour dresser un bilan de cette 17ème édition de Solidays, en présence d’artistes parrains de l’association (Sébastien Folin, Maïtena Biraben, Claudia Tagbo et Reza) et de partenaires de l’association. Une conférence au son de la Brésilienne Flavia Coelho, en concert sur la scène Paris. Morceaux choisis.

Conférence de presse bilan des Solidays 2015

Conférence de presse bilan des Solidays 2015 / Crédit Photo : Laura Bruneau

Luc Barruet : « Les conditions de sécurité ont été augmentées à cause des attentats de vendredi. On est solidaires, même si ici on est un peu dans notre bulle. »

« Je suis très content du bilan. On a battu le record de fréquentation avec déjà plus de 180.700 visiteurs à 15h30 (NDLR : le record sera à plus de 200.000 dans la soirée). On est à bloc, les bénéfices vont augmenter. En 2014, on a fait 2,4 millions d’euros de bénéfices. Cette années on sera bien au-dessus, au moins à 2,6 millions d’euros.« 

« Il y aura bien une 18ème édition, sans doute ici, même s’il y a des travaux. Car pour l’instant le plan de réhabilitation ne concerne que les tribunes.« 

« On espère obtenir l’autorisation de s’agrandir car on a plein de projets de nouvelles animations depuis plusieurs années. On espère développer de nouveau contenus, artistiques, mais pas sur scène car l’avenir des festivals c’est en dehors de la musique. L’avenir, pour les festivals qui sont en danger économique, c’est l’expérience proposée aux festivaliers. »

Claudia Tagbo, marraine de Solidarité Sida

Claudia Tagbo, marraine de Solidarité Sida / Crédit Photo : Laura Bruneau

Yann Arthus-Bertrand : « C’est la première fois que je teste mon documentaire en grandeur nature, c’est une opportunité formidable. » « Je suis ravi d’être là, je porte les mêmes valeurs que Solidays.« 

« L’année prochaine je ferai un documentaire sur Solidays. »

Antoine de Caunes : « Je félicite l’utilité du festival et son esprit qui perdure d’année en année.« 

Antoine de Caunes, président d'honneur de Solidarité Sida

Antoine de Caunes, président d’honneur de Solidarité Sida / Crédit Photo : Laura Bruneau

Maïtena Biraben : « Le public est de plus en plus nombreux chaque année au Forum malgré la chaleur et le fait qu’on y soit mal assis. Les jeunes sont moins cons, c’est un bonheur.« 

16h30 : Dans le poste de commandement de la Protection Civile

Pas de festival sans service médical de secours. A Solidays, c’est la Protection Civile qui s’en charge. Depuis le poste de commandement, Eric Labonne, le directeur adjoint des opérations de la protection civile de Paris veille sur les festivaliers.

Pour lui, tous les festivals sont pareils, du point de vue des secours. « On traite de la bobologie, des trauma, des ébriétés, des états liés à la prise de stupéfiants… ». Malgré la chaleur annoncée, le dispositif prévu est resté le même, il est dimensionné pour toutes les conditions climatiques.

« Sur place, on traite jusqu’à ce que les médecins ne puissent plus. C’est un hôpital de campagne. On peut y suturer des plaies, faire des intubations… Par contre, s’il y a besoin de radios, on évacue en hôpital » explique-t-il. L’évacuation vers un hôpital ne concerne que 2% des personnes secourues puisque la plupart des cas relèvent de la « bobologie », c’est-à-dire, des égratignures, piqûres d’insectes, coupures, plaies, pain dans la gueule ou autres diarrhées…

Poste de commandement des secours à Solidays

Poste de commandement des secours à Solidays / Crédit Photo : Laura Bruneau

« Toutes ces interventions pourraient être faites par les pompiers du secteur, mais notre présence empêche un engorgement de leurs services, tout comme la présence de médecins ici déleste les hôpitaux » précise Eric Labonne. A Solidays, ce sont au total 300 secouristes qui interviennent pendant toute la durée du festival. « D’une année sur l’autre ça peut partir en cacahuète, surtout s’il y a des stups mal dosés qui circulent. Cette année, c’est calme. »

Le plan du site est affiché sur un ordinateur et les véhicules de secours apparaissent aussi sur l’écran, ils sont géolocalisés, ce qui permet un suivi en direct. Mais, en cas de panne informatique ou d’électricité, le plan est aussi imprimé sur du papier et accroché au mur du camion. Dans le camion, ils sont 3 secouristes à diriger et encadrer les opérations. L’un des secouristes remplit scrupuleusement la main courante, où toutes les interventions sont consignées. Les secouristes tournent à la menthe à l’eau. Pas d’alcool, il faut être opérationnel.

17h40 : Table ronde avec Zebda

Magyd, Hakim et Mouss, les Toulousains de Zebda, rencontrent quelques journalistes avant de se produire sur scène. Morceaux choisis.

Zebda en interview à Solidays

Zebda en interview à Solidays / Crdéit Photo : Laura Bruneau

– « C’est la 4ème fois qu’on vient. Si on compte nos concerts avec Motivé-e-s, c’est la 7ème fois qu’on chante à Solidays. On a toujours la même motivation. Plus que jamais, on vient se ressourcer. On ne fait pas partie des murs, mais des meubles. Quand on est invités, c’est un honneur. Solidarité Sida savent qu’on a envie d’en être et qu’on a jamais dévié de nos convictions.« 

– « La société dans laquelle on vit a besoin de solidarité. On la trouve aussi ici, entre autre, cette solidarité qui fait partie de notre vocabulaire.« 

– « A notre niveau, on agit, mais on n’est pas des chevaliers qui sauvent la planète.« 

– « On est liés par un pacte à la vie, à la mort. »

Zebda est à Solidays pour la 4ème fois

Zebda est à Solidays pour la 4ème fois / Crédit Photo : Laura Bruneau

– « La question sociale, sociétale, c’est pour nous un trésor d’inspiration. Toute la vie, on pourrait écrire sur l’injustice. On a des ressentis d’injustice en tant qu’individus. On s’exprime en chansons, ce qui est différent d’un discours. La chanson permet de communier. Le rôle de l’art c’est de produire de l’espoir. Notre angle de tir c’est toujours la résistance. Chanter, parler, danser c’est résister. On n’est pas des dépressifs.« 

– « L’engagement ce n’est pas un choix : tu nais dans un contexte difficile, après soit tu en es victime ou alors tu as un prise de conscience et tu te demandes comment lutter.« 

– « Il y a moins de fenêtres pour les artistes engagés car dans le libéralisme il y a quelque-chose qui dit que la culture ça doit être du divertissement alors que pour nous c’est du divertissement, mais pas seulement, un moment de partage, de communion. La culture doit avoir sa place dans la démocratie comme l’éducation.« 

– « On est militants et engagés avant d’être musiciens.« 

18h45 : Quelques titres de Damian Marley et une portion de frites

Damian Marley, le fils de Bob, fait danser le public de la scène Paris au rythme de son reggae par une chaleur insoutenable. Outre son répertoire personnel, il reprend aussi quelques titres de son illustre père comme « Could you be loved » ou « Get up stand up » pour le plus grand plaisir des festivaliers. après la fin de son set, une pause s’impose. Retour au Green Corner en compagnie d’une barquette de frites de patates douces dénichées au stand des Caraïbes pour 4 euros. La portion est généreuse et bien meilleurs que les nems testés la veille au stand de la Thaïlande. Nems au poulet dont on cherche encore le poulet après la fin du festival.

Frites de patates douces

Frites de patates douces / Crédit Photo : Laura Bruneau

20h : Color Party

Au top départ, les festivaliers sont invités à jeter la poudre colorée qui leur a préalablement été distribuée par les bénévoles. La poudre s’envole, un nuage multicolore plane au-dessus de la scène Paris avant que la poudre ne retombe sur les festivaliers qui finiront barbouillés de toutes les couleurs. Un joyeux bordel.

Color Party à Solidays

Color Party à Solidays / Crédit Photo : Laura Bruneau

20h20 : Concert de Zebda

C’est au tour de Zebda d’entrer dans la danse dans une atmosphère multicolore laissée par la Color Party. Le groupe Toulousain a toujours son discours très militant et engagé. Zebda ouvre son concert par « L’erreur est humaine » avant de continuer avec « Y a pas d’arrangements », un titre extrait de leur album « Essence ordinaire » sorti en 1998.

Très énergique, les trois chanteurs arpentent la scène, sautent, donnent beaucoup de leur personne. « L’accent tué », « Les Chibanis » ou encore « Oualalaradime » sont autant de titres que Zebda interprète et font danser le public. Vient ensuite le moment de « Tomber la chemise » , leur plus gros tube. Pour l’accompagner, des ballons géants bleus et jaunes sont lancés dans la foule.

Avant de quitter la scène, ils ne peuvent s’empêcher d’entonner « Motivé » ainsi qu’un chant en Arabe.

21h30 : Bye Bye Solidays 2015

Pour beaucoup de festivaliers c’est déjà l’heure de partir. Les navettes les ramènent jusqu’à la Porte Maillot à travers le Bois de Boulogne. Un trajet au cours duquel on croise les travailleuses du Bois qui attendent leurs clients. Ce soir le chauffeur nous dépose au bord du trottoir, ouf, car hier pour aller plus vite, c’était au bord de la route, un peu dangereux quand même sur le rond-point de la Porte Maillot.

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Un commentaire sur “3 Jours à Solidays

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