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Escapade à Saint-Omer, entre patrimoine historique de La Coupole et escape game

La petite ville de Saint-Omer dans le Pas-de-Calais compte à peine 14.000 habitants mais demeure très attractive par les nombreuses activités qu’elle propose et la richesse de son patrimoine. Vaisseau amiral de ce large panel, La Coupole, centre historique dont la construction date de la Seconde Guerre Mondiale, et son planétarium nichés dans la verdure de l’audomarois. Plus dans le centre, pas loin des marais, l’escape game 7 bis, promet de belles enquêtes et parties de rigolade.

Dôme de béton de la coupole à saint omer dans le pas de calais

La Coupole ou l’histoire de la conquête spatiale depuis la Seconde Guerre Mondiale

Ouvert il y a 19 ans, le Musée Bunker La Coupole est un centre historique sur la Deuxième guerre mondiale. Il émane de la volonté du Conseil Général du Pas-de-Calais de faire découvrir un lieu à l’abandon.

Sous cet écrasant dôme de béton, on découvre l’histoire de la conquête spatiale, depuis la Seconde guerre mondiale, en suivant l’itinéraire de Wernher Von Braun, un personnage atypique, paradoxal et effrayant de génie.

Entrée sous le dôme de la coupole par les galeries de craie

Ce dôme a été construit à la demande d’Hitler : il voulait terroriser les anglais en envoyant sur Londres des fusées à l’aveugles. Il avait donc besoin d’un lieu pour les lancer. C’est donc en octobre 1943 que l’on commence à bâtir le dôme pour stocker, préparer et lancer les fusées. Ce site de Saint-Omer avait été choisi pour son sous-sol de craie rapide à creuser et sa proximité avec Londres, 235 kilomètres. A l’époque, l’objectif du Führer était d’envoyer 50 fusées par jour sur la capitale anglaise.

Construit en mars 44, cet écrasant dôme de béton recouvre deux salles d’où devaient être lancées les fusées. En seulement 10 mois, 1200 personnes (des travailleurs requis pour le STO mais aussi des prisonniers soviétiques) ont réussi à creuser dans la craie 7 kilomètres de galeries,  sous l’égide de l’ingénieur Todt, chargé des grands travaux de l’État nazi. Finalement, la Coupole sera bombardée en mars 1944 depuis les airs et ne servira jamais. Aujourd’hui, elle est la première base de lancement de fusées visitable au monde.

galerie d'entrée sous le dôme de la coupole à saint omer

Lorsque l’on pénètre dans les galeries d’accès, c’est l’odeur et la fraîcheur du lieu qui nous saisissent. L’odeur est forte, âcre, elle prend aux tripes. La fraîcheur couplée à l’humidité du lieu nous rappellent toute l’horreur de la Seconde guerre mondiale. L’eau suinte de la roche pour tomber au sol. Le lieu est d’un silence à couper le souffle. Seul le son de quelques vidéos brise ce silence en certains endroits. Les galeries sont très hautes, mais plus on avance et plus leur largeur rétrécit et fait alors naître une sensation d’oppression dans ce chemin étroit. Une réelle expérience sensorielle avant tout.

Galerie de craie sous le dôme de la coupole de saint omer

Une fois les galeries parcourues, sous le dôme de 42 mètres de haut, ce sont la chaleur et la moiteur qui se font sentir. Sous 55.000 tonnes de béton, et sous une chape de 71 mètres de diamètre dont les parois font 5,5 mètres d’épaisseur, l’air est lourd, l’atmosphère pesant.

Le visiteur fait d’emblée connaissance avec une fusée V2, dont le nez pointe vers le bas, la seule présentée en France. Sous le dôme, il y aurait dû y avoir des salles de préparation au tir des fusées, où un décollage devait avoir lieu toutes les 30 minutes.

Fusée V2 exposée à la coupole à saint omer

C’est alors que Wernher Von Braun entre en scène. Féru d’astronomie, il a rejoint l’armée allemande au sein de laquelle il va développer les fusées V2, les fusées ne faisant alors par partie des armes interdites par le Traité de Versailles. En octobre 1942, après de nombreux échecs, Von Braun réussit à faire décoller un missile en 63 secondes.

Pour construire en masse les fusées V2, les déportés du camp de Dora dans le centre de l’Allemagne sont alors mis au travail forcé. Un camp qui fera 60.000 prisonniers dont 20.0000 morts. A la fin de la visite du dôme, un espace est consacré à la déportation, et a découverte du camp de Dora. Cette zone est volontairement à part, pour protéger les enfants les plus jeunes. Un espace comme posé dans un écrin, où la résonance est moindre car le bruit absorbé afin que chacun puisse prendre conscience de l’horreur, notamment grâce à des photos, dessins et uniformes de prisonniers.

La Coupole propose de revenir sur toute cette histoire, depuis les balbutiements des premiers missiles jusqu’à la conquête spatiale qui fit rage entre États-Unis et URSS pendant la Guerre Froide, période pendant laquelle Wernher Von Braun est toujours actif. En effet, après la guerre, Von Braun fuit aux États-Unis où il travaillera pour la NASA et supervisera toutes les missions Apollo.

Maquettes de fusées à la coupole

Ici, le visiteur s’interroge sur la complexité du cas de Werner Von Braun, qui a toujours justifié son travail dans l’armée allemande par le fait que c’était la guerre et que les Alliés bombardaient eux aussi et qu’il était donc nécessaire de se défendre.

La visite est parsemée de maquettes, documents, films, photos d’époque pour illustrer le propos.

Traction gazogène datant de la Libération de Béthunes exposée à la coupole

Avant tout centre historique, la Coupole comporte un espace d’exposition permanent dédiée à l’occupation de la région Nord-Pas-de-Calais et permet de découvrir le quel était le quotidien de ces habitants pendant la Seconde guerre mondiale, notamment grâce à une série d’objets de l’époque (hélice d’avion, boutons de manchette, traction gazogène…). Puis, toute dernière pièce à voir sous le dôme, le mémorial des Déportés et fusillés du Nord- Pas-de-Calais où tous les noms défilent, projetés sur un mur de craie.

Et si on observait le ciel depuis le planétarium de La Coupole…

D’abord musée et centre historique, La Coupole s’est dotée d’un planétarium en 3D en 2012, une continuité logique du dôme. L’écran fait 360° et propose la technologie de la stéréoscopie, c’est seulement la deuxième salle en France à le proposer.

Destinées à un public très hétérogène, les projections du planétarium sont très variées, allant de « Polaris » –  un film d’animation où un ours rencontre un manchot et ensemble ils vont tenter de découvrir pourquoi aux pôles le jour et la nuit durent 6 mois chacun – à « D Day » sur le débarquement en Normandie en passant par des décollages de fusées qui y sont parfois retransmis.

Planétarium de La Coupole à Saint Omer

Chaque année ce planétarium accueille 72.000 spectateurs pour des séances toujours construites de la même façon et d’une durée d’une cinquantaine de minutes. Avant la diffusion du film choisi, un animateur propose une visite commentée de l’espace. Calé dans un siège confortable et lunettes 3D vissées sur le nez, le visiteur part alors explorer notre univers avec un détour par la Lune – où l’on peut encore voir les traces de pas de Neil Armstrong, toujours visibles 47 années après à cause de l’absence d’érosion sur l’astre où il n’y a ni pluie ni vent – Jupiter, Saturne… La visite propose de belles images très impressionnantes des anneaux de Saturne de 300.000 kilomètres large et composés de roche.

C’est Nicolas, astrophysicien de formation qui part avec nous pour cette exploration de la galaxie. Ses explications sont claires et compréhensibes même pour tout novice en astronomie. Sa voix nous fait voyager aux confins de la galaxie.

Un brin d’évasion à l’escape game 7 bis

L’escape game 7 bis est le premier jeu de la sorte institutionnel : il a été créé par l’office du tourisme de Saint-Omer. Situé juste à côté de l’institution dans le centre, 7 bis propose deux jeux différents pour des équipes de 3 à 6 personnes.

Escape game 7 bis à Saint-Omer

Dans un décor très travaillé, avec du mobilier déniché chez des antiquaires et brocanteurs, cet escape game propose, comme tous les jeux de la sorte, de résoudre des énigmes afin de pourvoir se déplacer d’une pièce à l’autre, et surtout de pouvoir s’échapper du lieu où l’on a été enfermé.

Ici, le jeu est basé sur le patrimoine historique et culturel du territoire. L’un des deux jeux, « La Coupole : missions secrète », a été imaginé par Julien Duquenne le directeur de La Coupole, qui est aussi le maître du jeu pendant le temps imparti. Son énigme nous emmène dans le bureau d’un directeur fictif de La Coupole mal intentionné. Il va alors falloir faire preuve de cohésion dans l’équipe afin de résoudre toutes les petites énigmes,en moins d’une heure, qui conduiront vers le déverrouillage de la porte du bureau.

escape game 7 bis à saint omer

Une fois emprisonnés dans ce bureau, on ne voit pas le temps passer. Bien qu’elles soient basées sur l’histoire et la culture du de la région audomaroise, les énigmes sont accessibles même si on ne connait pas Saint-Omer. C’est très amusant, on se prend vite au jeu dans ce bureau où tout est à explorer. Il faut faire preuve d’un très bon sens de l’observation afin de découvrir le moindre indice qui peut être dissimulé n’importe où…

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Un commentaire sur “Escapade à Saint-Omer, entre patrimoine historique de La Coupole et escape game

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